Soutenons les grecs dans leur combat !

C'est en effet un bras de fer qui s'est engagé entre le tout nouveau gouvernement de M. Alexis Tsipras et les autres pays de l'Union européenne. l’Allemagne en tête n’accepte pas l’arrivée au pouvoir à Athènes d’un gouvernement de gauche déterminé à appliquer le programme pour lequel il a été élu; c'est à dire lutter contre la pauvreté et tourner le dos à une politique d'austérité qui a totalement ruiné le pays.
Serge Halami s’indigne en ces termes: « Moins de dix jours après la victoire de Syriza, les banquiers centraux de la zone euro envoyaient leur première salve punitive en privant subitement les banques grecques de leur principal canal de financement. C’était un moyen pour eux d’obliger Athènes à négocier dans l’urgence un accord avec ses créanciers, essentiellement les Etats européens et le FMI, et à reprendre le programme d’austérité là où le précédent gouvernement l’avait laissé../.. Pendant que le garrot européen se resserre, que les marchés financiers accentuent leur pression sur le gouvernement d’Athènes, les termes du jeu deviennent terriblement clairs. La Grèce est soumise à un diktat. En échange des financements dont elle a besoin, on exige qu’elle entérine sur-le-champ une avalanche d’exigences dogmatiques et inefficaces, toutes contraires au programme de son gouvernement : réduire une fois de plus les retraites et les salaires, augmenter encore le taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), engager la privatisation de quatorze aéroports, affaiblir davantage le pouvoir de négociation des syndicats, affecter des excédents budgétaires croissants au remboursement de ses créanciers alors même que la détresse sociale de son peuple est immense.... » (Serge Halami dans "Le monde diplomatique de mars 2015)

Devant ce spectacle, on finit par douter de la possibilité de vivre en démocratie dans cette union européenne qui impose son diktat au mépris du suffrage universel. En effet, ne nous trompons pas d'échelle : le bras de fer ne se limite pas à la Grèce; il concerne les forces de gauche de tous les autres pays, qui tentent de résister au désastre d'un capitalisme financier qui impose de plus en plus ses lois au mépris de l'expression démocratique des peuples. Certes nous le savions, l'Union européenne est d'abord monétaire avant d'être politique. Le cas de la Grèce nous donne l'illustration du fait qu’une fois de plus, ce sont les marchés financiers et les banques qui dictent aux états la politique qu'ils doivent mener. Comment ne pas se rebeller contre cette insidieuse et douce dictature ? Merci Mr Halami de votre appel à soutenir actuellement le gouvernement de Mr Tsipras, et nous souhaitons lui donner l'écho le plus large possible.

Christian BOUZY